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28/03/2007

l'embauche

Tout d’abord, il faut faire connaissance.

Je suis d’une famille nombreuse, j’étais le dernier d’une famille de 7 garçons, tous mineurs mais pas tous mineur de fond, la mine offrait beaucoup de poste autre que celui d’être au fond à extraire le charbon.
Mon père, était mineur aussi, est très malade, silicosé, et des séquelles de la guerre 14- 18, passé dans les tranché, blesser 3 fois au front, je n’ai connu qu’un père malade et gardé en moi le souvenir d’un homme fortement marqué ? Qui se traînait pour aller travailler ?
En 1950, je venais d’avoir mon certificat d’étude primaire, c’était important le CEP, je l’avais eu et ma mère m'a fait savoir que, maintenant fallait penser à la vie active.
Je ne voulais pas aller à la mine, j’avais des exemples ,mon père et mes frères, que cette profession n’était pas faite pour moi et que je pouvais trouver autre chose.
Mon père je l’avais vu mourir dans d’atroce souffrance à vouloir trouver un peu d’air pour sa respiration, la silicose avait rongé sa santé, ses poumons étaient devenus du béton.
Un jour je me suis lever à 5 h du matin pour prendre le bus avec les filles qui allait travailler à la lainière de Roubaix, j’ai passé une journée à attendre, a passé des entrevues et je sentais bien que je ne puisse avoir un travail dans cette profession.
Ma carrure de garçon, chétif, je n’étais pas gros, je n’avais que 14 ans.
Il fallait me résigner, ma mère m'a conduit à la fosse 13 de Sallaumines, j’ai rencontré le directeur de siége, qui connaissait mon père, et ses antécédents, il y avait un peu de reconnaissance envers les anciens mineurs qui avaient laissé une partit de leur santé.
Et c’est avec satisfaction que ma mère en sortant du bureau du directeur, pouvais dire, tu seras mineur comme toute la famille.
Il y avait la comme une satisfaction, la mine offrait du travail, et tout ce qui va avec, le logement, le chauffage, le docteur, enfin tout ce que la mine avait mis en place pour que la main d’œuvre ne s’en aille pas.
J’ai passé la visite médicale, le docteur a fait remarquer à ma mère que je n’étais pas gros, il a appelé ma mère pour me montrer nu, et dans quel état j’étais, j’étais un peu honteux de me présenter nu devant ma mère,
Je me souviens que ma mère a dit, mais pourquoi tu mets tes mains devant ton zizi, ?
Les privations de la guerre en étaient pour quelque chose, je suis né en 1936, et la période de la guerre 1939-1945 avait laissé des traces de manques, a ma croissance.
Enfin, j’étais embauché, j’allais pouvoir travailler, j’allais être un homme, et j’allais contribuer à la vie de la maison……………
A suivre

18:20 Publié dans la mine | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

14 ans, pour commencer la galère, des petits enfants sous des allures de jeunes ados, je suis très émue en te lisant, Marcel, très touchée de ta spontanéité et de l'authenticité de ce que tu nous offres, c'est un témoignage, comme je te l'ai souvent dit, qui n'a pas de prix, le témoignage d'une vie, de vos vies , de votre pays, le tableau au quotidien d'une époque qui fut rude , et dont tu parles avec attachement et nostalgie malgré les difficultés.
Je récupère ttes tes notes, on en reparle , Framboisine

Écrit par : framboisine | 29/03/2007

Bonjour,

T'étais comme un innocent pas bien emplumé à 14 ans, mon Marcel. Nous avons le même âge, à qelque chose près; mais dans le midi, zone libre d'abord, puis occupé en 42 par les italiens, je n'ai pas connu la faim. Certes, il manquait beaucoup de choses, mais le pain, les patates, les légumes, les oeufs, tout cela ne manquait pas! Comme quoi, la vie crée des différences !
Eh oui, 14 ans, après le certif, au travail. Mon demi frère, qui ne voulait plus aller aux écoles, est parti comme ouvrier agricole à cet âge.
Ta vie n'a pas été rose tous les jours, et je te suis reconnaissant de nous la faire connaitre.
J'ai une pensée pour ton papa, ses souffrances que l'on n'accepterait plus maintenant. Regarde les procès de l'amiante !! La silicose a fait je ne sais combien plus de victimes ! ( et ça continue en Chine , par exemple )
Dure était la vie en 1950, mais, comment dire, ça faisait partie du quotidien, et on ne faisait pas de chichis, pas de soutien psychologique pour la moindre égratinure, pas de principe de précaution qui t'empêche de bouger une patte !
On est allé trop loin à élever les gosses dans du coton !

Amitiés du grillon

Écrit par : christian | 29/03/2007

Tes récits sont passionnants. Ils me ramènent à l'année 1963 il y a eu une grève très longue et dure chez les mineurs nous faisions des collecteurs d'argents sur les marchés et dans les boites pour leur venir en aide et quelques gamins sont venus chez nombre d'entre nous pour soulager les parents et les momes.

Écrit par : Biche | 29/03/2007

En 1962 j'habitais Lille et je voyais passer tous les matins les cars verts qui emmenaient les ouvrières dans les filatures de Roubaix . Merci de cette évocation du travail de la mine qui déclanche la mécanique des souvenirs . Amicalement

Écrit par : gérard | 06/04/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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