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30/03/2007

Ma première journée de travail

Ma mère m’avait acheté mes habits de fosses, des toiles bleues, j’allais mettre pour la première fois des pantalons longs.
La veille j’avais été au bureau de la fosse me présenter.
On ma donner un numéro N° 257, j’allais avoir ce numéro longtemps, et on ma dit de me présenter au triage, du poste de l’après midi.
Mes frères me donnaient des recommandations , et me racontait, tu feras ceci, tu feras attention a cela etc. .
Et on m’a dit, tu verras les « marie gaillettes » (c’était des filles ) vont te passer la visite, c’est comme cela, des qu’un nouveau arrive c’est le baptême, surtout les garçons, ils vont te déshabiller, t’enlever ton pantalon te mettre le zizi plein de graisse et te mettrons de la poussière de charbons, que t’auras du mal à enlever faudra que tu frotte, c’est comme cela on y a tous passés, y a pas de raison.c’est le baptême du trieur.
Bon ! S’il fallait, et que les autres y avaient passés ? .
A midi, après le repas, mon baluchon était prêt, le baluchon était une serviette dans lequel on y mettait ses habits de fosse, ses chaussures, son gant de toilette son savon, et son linge de corps, car tous les habits devait être changer, ont reliait les quatre coins, par un nœud c’était le baluchon.
Ma musette, il y avait dedans mon casse croûte, 4 tartines beurrées dont deux de confitures, enveloppées dans une petite mallette, et mon « boutleau »bidon de un litre, en alu, avec comme boisson de l’eau et du café.
Me voilà parti, ma mère m’embrassa, c’était son dernier qui partait, je n’osais pas la regarder, je savais que dans son regard il y avait à la fois de la joie et de la tristesse, et il y avait dans ses yeux des larmes qu’elle aurait pu me communiquer.
En passant prés du concierge, la ou mon père a fini sa carrière, je venais le voir de temps en temps et j’entendais sa toux bien reconnaissable, j’ai eu comme un frisson.
J’ai retrouvé d’anciens copains d’école, ils mon pris en charge, m’ont expliqué tout ce que je devais faire, avoir une chaîne au lavabo, les habits de fosses étaient pendu par des chaînes.
Ils m’ont présenté au chef surveillant, il mon inscrit sur le registre, numéro 257…. fallait que je vienne me présenter tous les débuts de poste.
Ensuite on m'a conduit au tapis roulant, on ma expliquer, comment reconnaître une gaillette( morceau de charbon ) d’un caillou, des fois tu verras un caillou qui ressemblera à une gaillette, si tu n'es pas sur, tu le mets en cailloux, ça va au terril.
Les tapis roulant étaient en fer.
La machine infernale se mettait en route, de plus en plus de chose se mettait en route, et le bruit ne faisait qu’augmenter, je n’entendais plus mon copain parler, on ne pouvait plus parler.
Ça défilait devant moi, les cailloux, gaillettes, j’avais le vertige.
Le surveillant vient me chercher, et m'ont fait visiter tout le triage en m’expliquant d’où ça venait et ou ça partait,
je scrutais les alentours a la recherche de ses fameuses « marie gaillette »je me demandais quand ça allait être mon tour …
A la pause ( le briquet) tout s’arrêtât, je crois que j’étais sourd, j’avais les oreilles gonfler de tout ce bruit, on me parlait et je n'entendais rien.
Personne ne se lavait les mains, elles étaient tout noir, les tartines étaient enveloppées dans cette petite mallette, en ayant bien soin de ne pas toucher le pain avec nos mains noires, J ‘ai mangé mes 4 tartines j’avais la gorge sèches de toutes ses poussières.
Je n’avais pas encore vu les filles, mais ou étaient-elles, je m’attendais à les voir surgir et me sauter dessus ?
Je demandais, bien timidement a mon voisin, mais il n'y a pas de fille ici?
Ha non pas ici, ici dans ce triage il y a que des garçons, je l’aurais embrassé, je n’aurais pas cette visite et cette humiliation, ouf ! Content.
Mais j’allais apprendre par la suite que le même sort m’était réservé, et que c’est les garçons qui m’ont fait cette visite.
J’ai du frotter, pour enlever cette marque, et je n’ai pas réussi à tout avoir du premier coup j’ai du revenir à la maison comme cela, le tout est partit après plusieurs lavages.
Petit a petit mes oreilles commençaient à s’habituer au bruit, je voyais mes copains trier à une vitesse, je n’arrivais pas à les suivre, on ma dispenser d’être la premier du tapis roulant pour cette journée, mais demain on m'a dit faudra pas rigoler.
Je n’avais pas de montre et le temps me paraissaient long.
Le tapis roulant commençait à être moins charger, c’était la fin de poste qui arrivait, mon bidon d’eau et de café était vide depuis longtemps, et j’avais hâte de trouver un point d’eau.
Le bruit s’arrêtât, tout le monde pris la musette, et on se dirigea vers le lavabo.
Il y avait une glace à l’entrée, tout le monde se regardait en passant, moi je ne mettais jamais vu aussi noir, je suis rester un moment à m’admirer, j’étais fier, j’aurais bien voulu que ma mère me voie, j’avais pas envie de me laver, j’avais comme une satisfaction en moi, j’étais presque un homme, j’ai fumé ma première cigarette.
En rentrant chez moi ma mère m’attendait, ma mère je ne l’ai jamais vu coucher ou dormir, quand ont était du matin, elle était lever, le feu était allumer le café fait, et le soir quand on était de l’après midi elle nous attendait pour nous servir le repas du soir, nous étions 7 à avoir des horaires différents et toujours maman était lever.
Ce soir la, je me suis endormie très vite, avec encore ce bruit infernal dans les oreilles.
A suivre

17:55 Publié dans la mine | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

Sacré les mamans ! leur vie n'a pas été de tout repos et dire qu'ils y en a qui rêvent que ce temps de presque esclavage revienne !

Écrit par : Biche | 30/03/2007

La gaillette,le tri,le parcours initiatique .....
ça permet de savoir d'ou on vient et qui on est
Reference à P.Bachelet les corons

Écrit par : ventdamont | 30/03/2007

quel métier difficile, surtout en commencant aussi jeune ... quel mérite tu as eu (toi et tous les gens qui ont exercé ce dur labeur ) ... je te lis attentivement... et te remercie de nous faire part de tout ce vécu ... "du fond des mines" .
je vous tire à tous mon chapeau !!!

Écrit par : Michka | 30/03/2007

La fatigue, la fierté, le passage de gamin à l'homme, tout ça, on le sent tellement bien dans tes lignes. Tu peux être fier de toi et de tes parents, Marcel.
N'empêche que ça dû être bien dur par moment !

Amitiés du grillon

Écrit par : christian | 30/03/2007

Quelle aventure tu nous fais partager là. C'est émouvant aussi parce que tu nous fais partager tant d'émotions : la fierté et la tristesse de ta maman qui voit son dernier petit partir vers la mine, ta fierté et ta peur aussi, ton humiliation bien sûr après ton baptème du charbon.
C'était une sacrée école de la vie que de travailler dans la mine. moi aussi je vous tire à tous mon chapeau ...merci pour tout cela...J'attends la suite bien sûr.

Écrit par : Anne-Marie | 30/03/2007

je regarde ton blog régulierement, je ne peux te faire de commentaires plus élogieux que ceux que tu reçois déjà, j'ai connu les souffrances de mon père mort à l'age de 47 ans silicosé avec en plus la tuberculose...... ce qu'il m'a d'ailleur laissé en héritage..que de souvenirs tu remues en moi ce sont des choses a laquelle nous n'avons plus l'occasion de faire allusion avec les enfants et petits enfants, je suis native du " P de C "comme toi , je pense avoir vécu des choses similaires aux tiennes sauf que moi je n'ai pas connu de frère déscendant a la fosse , nous étions que des filles .... maman par contre y a travaillé aussi.. merci pour toutes ces belles choses que tu partages avec nous...

Écrit par : maria | 31/03/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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