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02/04/2007

Demain tu descends !


On s’y attend, mais quand on l’apprend ça fait un choc.
J’étais de l’après midi, (de 14 h a 22 h) le surveillent me dit, tu vas aller chercher au magasin ta barrette (casque de mineur ) car demain, tu es du matin,(6 h a 14 h ) tu te présenteras à la lampisterie chercher ta lampe.
Tu te présentera à la lampisterie pour 6 h 00, il faut que tu y va avant pour être prêt à descendre.
Je suis aller au magasin, rien n’est donné gratuit a la mine, la barrette me sera retenue sur ma paye.
Le poste de cette après midi, au triage, n’en finissait plus, je pensais à cette journée et comment allait-elle se dérouler, j’avais hâte de l’annoncer à ma mère, et je savais que ma nuit n’allait pas être longue, il fallait que je me lève à 5 h 00.
Il était 22 h 00,tout s’arrêta, comme d’habitude, je savais que je n’avais pas beaucoup de temps à perdre, et me précipita au lavabo me laver, regagner la maison, ma mère comme a son habitude était la, à m’attendre.
A peine arriver, je lui annonce la nouvelle.
Maman, demain je suis du matin et je descends, le silence pour ne pas me montrer son inquiétude, envahie quelque peu la maison, il n’y a pas eu d’autre parole.
Le sommeil a eu quelque difficulté à être trouver, et je pensais surtout comment ça aller se présenter, inutile de dire à ma mère a quelle heure il fallait me réveiller, elle avait tellement l’habitude, avec mes autres frères, qui, bien avant moi avait eu ce moment à passer.
Une main se posa sur mon épaule, c’était celle de ma mère, il était 5 heures.
Me voilà debout, la cuisine ou l’on prenait le petit déjeuner, était chaude, le feu avait déjà répandu sa chaleur, le café fumant dans le bol et les tartines sur le coté.
Ce n’était pas la peine de dire a ma mère ce dont j’avais besoin, mon briquet ( casse croûte ) était prêt dans sa mallette, quatre tartines beurrées dont deux de confitures, et un fruit, une orange, le bidon d’eau et de café.
Sur la chaise, mes bleus dans sa serviette nouée au quatre coin
Par la suite, je me suis souvent demandé comment faisait ma mère pour être toujours debout.
L’entrée de la fosse n’était pas loin, passage au lavabo, pour revêtir ma tenue, et me voilà arriver à la lampisterie,
On m’avait donné un jeton, mon numéro était imprimer, 257,avec toutes les recommandations et l’importance de ce jeton.
C’était un rond de métal, avec un trou pour d’une part l’accrocher à la place de la lampe, et pour pas le perdre l’accrocher sur soi par un petit lacet,quand on avait rendu la lampe .
Si, il y avait un jeton de rester accrocher à la place de la lampe, c’est que l’on était au fond, en cas d’accident on savait celui qui était rester à fond d’un rapide coup d’œil.
Numéro 257, que je demandais, on me donna ma lampe je donnais le jeton, une lampe électrique que l’on accrochait à la ceinture, on n'avait pas encore de lampe à mettre à la barrette.
Je me présentais au porion, grande salle, avec des barrières, sorte de couloir, a chaque bout il y avait un pupitre, et un porion qui d’une part pointait son personnel, et donnait les directives.
Il fallait attendre, que le porion appelle celui dont il avait besoin.
J’attendais.
Vient ichi ti (vient ici toi ) que me dicta un porion, je m’avançais vers lui, me demanda mon numéro, l’inscrivit sur le registre, et me dit en bon patois.
Té va aller avec ech’vieux Joseph,
Joseph était un ancien mineur polonais en fin de carrière, il avait pris les consignes auprès du porion, c’était un « racommodeux »
Le raccommodeur, avait pour mission d’aller entretenir et réparer les bois de soutènement cassé, dans les galeries qu’il fallait maintenir en état, pour la circulation de l’air.
Souvent ses galeries étaient fort retirer, il fallait marcher longtemps pour arriver à cette endroit.
Je suivais, comme un petit chien, mon vieux, qui ne m’avait toujours pas adresser la parole, mais dont j’avais incrusté sa physionomie.
Avant de descendre, il y avait un contrôleur de lampe, celui ci regardait ma lampe, si elle était bien verrouiller, il fallait la faire tourner d’un quart de tour pour l’allumer, j’avais remarqué que tous les mineurs accrochait leur lampe a la ceinture.
J’en fit autant, hélas ma ceinture était en élastique et le poids de la lampe, la faisait descendre jusque par terre, demain il va falloir que je me procure une ceinture en cuir.
Ont attendait la cage, un porion comptait les hommes, qui entrait dans la cage a deux étages, 25 par étages, je regardais, j’observais tout ce que les autres faisaient, et surtout de ne pas perdre mon vieux qui lui, n’avait pas l’air de se soucier de moi et je me demandais s’il savait que j’étais avec lui.
Pourvu que je monte dans la cage, en même temps que lui ?
.
.A suivre, pour ma première journée au fond et…. la peur de ma vie.

medium_pointage.JPG

salle du pointage , la ou le porion pointe son personnel

07:35 Publié dans la mine | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

C'est bien impressionnant tout cela....je pense que tu le racontes aux jeunes des écoles qui ont aujourd'hui l'âge que tu avais...histoire de leur faire saisir la différence de qualité de vie en deux générations...

Écrit par : Anne-Marie | 02/04/2007

la peur de ma vie, tu termines en nous faisant monter l'angoisse, j'imagine déjà les cages qui avalent leur chair humaine vers les entrailles, je frissonne, devant ces enfants qui comme toi, affrontaient cette terreur
à demain pour la suite, je continue à copier coller,

Écrit par : framboisine | 03/04/2007

Une jeunesse pas gaie du tout, dans le trou noir des mines ... tu nous remues les "tripes" à chaque ligne de ton récit .. mais c'est très bien raconté .. on te suit !!!

Écrit par : michka | 03/04/2007

Bonjour,

Non, ce n'est pas la peur de descendre, mais de se retrouver tout seul au fond sans voir ton Joseph qui t'inquiétait ! Si tu le perds des yeux, tout le monde va se fiche te toi, pas capable de suivre ton chef !
Mais dans le fond, on t'a donné un boulot facile et je suis sur que le vieux t'avais aussi à l'oeil. Il se serait fait engueler plus que toi s'il t'avait oublié au fond !!

Merci pour le récit, et bonne journée !

Amitiés du grillon

Écrit par : christian | 03/04/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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