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06/04/2007

suite

medium_galibot2.2.JPG

Pendant au moins une quinzaine de jour, j’ai été avec mon « racommodeux »
En passant au porion avant de descendre et prendre les consignes, il n’était plus nécessaire de faire la queue, bien qu’au début, le porion me regardait avec des yeux interrogatifs du genre « ta pas intérêts a arcomminché » tu n'as pas intérêts à recommencer.
J’ai reçu cette formation de base très intéressante, car tous les métiers y ont passés, boiseur, réparer les tuyaux d’air comprimer, installer des buses d’aération, réparer le tapis roulant.
On était en quelques sortes les hommes de confiance du porion, Joseph surtout, moi je restais le galibot qui avait beaucoup à apprendre.
Ce qui me plaisait en Joseph, c’est qu’un jour, le porion a voulu m’envoyer seul chercher un matériel dont il avait besoin, dans un autre quartier.
Joseph s’y est opposer fermement, en disant, « nan ! ech’tio y reste avec mi » « non le petit reste avec moi », le porion avait beau insister, Joseph ne voulait pas et malgré l’insistance du porion.
J’étais un peu rassurer de trouver en lui une protection réconfortante, ce qui n’était pas du goût du porion, je n’entrerais pas dan son estime c’est sur ?
Un jour je n’ai plus vu mon compagnon, on ne me donna pas non plus de nouvelle de lui, était-il malade ?
J’ai attendu en vain et presque le dernier à être caser, ce n’était pas facile d’être à nouveau seul, j’avais perdu mon protecteur.
Un autre porion vint me chercher, il me dit, tu va être garde moteur, tu va aller avec Paul il te montrera l’endroit, avant, tu iras à la lampisterie, chercher une caisse de lampes, tu seras porteur de lampes, il me pointa et je suis partit avec mon guide, un peu plus âgées que moi.
J’ai pris cette caisse de 3 lampes a flamme, lourde, Paul m’en pris une pour me décharger.
Le garde moteur, était en fait une surveillance du tapis roulant, il y avait une intersection de deux galeries, un changement de direction et le tapis roulant qui transportait le charbon vers les trémies se déversait sur un autre tapis.
Paul m’expliqua ce travail de surveillance, si le tapis s’arrêtait, il fallait arrêter l’autre pour ne pas surcharger le tapis a l’arrêt, et redémarrer quand le tapis se remettait en marche, ensuite nettoyer, les abords qui de temps en temps débordaient.
La caisse de lampes, fallait la mettre bien en place pour éviter les coups car au moindre choc elle pouvait s’éteindre.
De temps en temps, un chef de poste venait m’en chercher une de remplacement, mais jamais je n’ai eu l’occasion de remonter et d’aller chercher une autre caisse.
Il y avait beaucoup de poussière a cet endroit, et on avait mis en place de la toile de jute tout autour de l’endroit ou se déversait le charbon, il fallait arroser ses sacs pour que la poussière se colle dessus, pas trop pour ne pas faire patiner le tapis.
Il fallait savoir doser, il y avait le porion qui lui rouspétait si on en mettait trop.
Ce travail n’était pas très intéressant, je n’avais toujours pas de montre, le temps me paraissait long.
Les lampes électriques qu'on avait n’étaient pas des lampes qu’on accrochait à la barrette, il y avait que les porions, chef porion, et ingénieur qui en avait, c’était très pratique on pouvait les voir arriver, nous on avait que des lampes électriques a main avec un crochet, par la suite, toute la fosse a été munie de lampes a barrette avec accus.
A la lampisterie, on prenait sa lampe au râtelier, il n’y avait plus personne pour la donner, il fallait y mettre son jeton et prendre sa lampe.
La lampe a flamme a toujours existé.
De temps en temps je cherchais mon vieux joseph, j’allais voir à l’endroit ou il se lavait et rien personne ne ma jamais donner de ses nouvelles, je ne l’ai plus jamais revue.
Quand je posais la question, on me répondait, sait pas.
Je suis rester assez longtemps a ce poste qui ne me plaisait pas, mais on avait pas le choix, heureusement, le passage au centre d’apprentissage faisait une coupure, des fois quand ont revenait ont changeait de place.
C’est ce qui est arriver,
A mon retour, je n’avais plus cette place de garde moteur, et je m’en plaignais pas, d’autre se réjouissait d’avoir ça, c’était pas fatigant, moi j’aimais plutôt le contact, et la diversité.
J’allais être le porteur de bois.
Cela consistait à aller chercher les bois de soutènement, qui était entreposé à l’entré du quartier, sur chaque truc(1), il y avait le nom du porion, il fallait les dégager de la voie principale, car la circulation des berlines de charbon allaient démarrer.
On poussait, les trucs charger de bois et de billettes(2) a l’écart de la voie principale, ensuite fallait les acheminer vers les tailles (3)
Ont était à deux pour faire ce travail, le porion avait une entière confiance en nous et bien souvent ont descendait les premiers pour pouvoir trier les trucs et rangers le matériel.
Porion : contremaître
Truc : petit wagonnet, qui servait à transporter le matériel.
Billette : c’était des bois de deux mètres couper en deux dans le sens de la longueur, la partie plate se collait au toit, la partie arrondies en dessous pour pouvoir y mettre les bois de soutènement
Tailles : c’est la que l’on abattait le charbon, les mineurs étaient disposé tout au long de cette taille, chacun avait sa longueur de charbon à extraire. C’était la que l’on devait y porter les bois sur le tapis roulant, le mineur avait besoin pour sa sécurité, après avoir enlever le charbon, de boiser.

A suivre, ma deuxième grande peur

medium_lka_taille_du_bois.JPG

08:27 Publié dans la mine | Lien permanent | Commentaires (7)

Commentaires

c'est vraiment très agréable de te lire, je vais faire lire ça à mes petites filles qui n'aiment pas l'école...
merci de ce cadeau que tu nous fait en nous livrant tes souvenirs.
amitiés

Écrit par : josette | 06/04/2007

emouvant , trés beau récit et magnifique photo

Écrit par : jack | 06/04/2007

Et bien dis moi...ça ne devait pas être facile pour un ado de faire ce qu'on lui disait sans rechigner...et puis, quelle "solitude"...personne pour te parler, t'écouter, te donner des nouvelles de Joseph...je frissonne devant une vie si rude et me demande si j'aurai pu supporter tout cela...la vie était vraiment dure à la mine, tout le monde ne pouvait pas s'y faire je suppose, il fallait y être né...

Écrit par : Anne-Marie | 06/04/2007

Pas beaucoup de curiosité; entre gars, pour ne pas savoir ce qu'était devenu ton "raccomodeux"
En quinze jours, il a fallu que tu te formes vite ! Je te suis dans ton boulot de transporteur de bois de soutènement. Si je comprends bien, une fois enlevés du "truc" , tu mettais les bois sur le tapis roulant et c'est toi qui tu les déchargeais à l'entrée de la taille. Fallait pas trainer en route !!!

Bonne fête de Paques

Le grillon

Écrit par : christian | 06/04/2007

quell lourde tâche pour le jeune homme fluet que tu étais ... il semble que c'était chacun pour soi ..sans avoir le temps de se préoccuper de ce qui se passait autour !!! comme çà a dû être dur !!!

Écrit par : michka | 07/04/2007

Je suis scotchée à ton récit, je le lis à haute voix à ma maman, c'est terriblement émouvant, , je copie, j'enregistre, quand tu voudras publier, on met en ordre, quand tu veux. Je te souhaite de belles fêtes de Pâques, et je t'embrasse, Framboisine

Écrit par : La Poule au Pau | 08/04/2007

merveilleuse découverte que ton site!les récits sont trés réalistes ,humains avec beaucoup de sensibilité.quel courage il a du falloir déployer pour vivre cette époque.je souhaiterais échanger de notre histoire commune puisque j'habite un dom.moi aussi ,je m'entraine à bloguer mais c'est pas toujours évident!la rédaction du sujet?je m'en sors à peu prés mais les liens avec les autres ?quelle pagaïe!amitiés d'une internaute ilienne.Merci pour avoir eu le courage de visiter mon site.à bientôt!

Écrit par : piton de la fournaise | 14/04/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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