logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

12/04/2007

ma troisième grande peur

Ont était partit de nuit dans une taille très petite, il n’y avait personne.et le géomètre me dit d’y aller, lui étant rester dans la partie haute de la galerie, son théodolite(1) installé, j’avançais difficilement dans cette veine en me retournant pour voir le géomètre, et lui, a chaque fois me faisait signe avec sa lampe de continuer, j’avançais avec peine, la veine était très petite, entre 50 a 80 cm, il n’y avait pas de bois rien que des soutènements en fer, on ne pouvait entendre le bois craquer, mais les étançons coulissaient et faisait un énorme bruit de ferraille.
Le foudroyage a cet endroit n’était pas venu.
C’était impressionnant, j’avançais avec difficulté, m’accrochant partout, et ce bruit qui n’arrêtait pas.
Le foudroyage (qui ressemble à la foudre ) au fur et a mesure que l’on enlevait le charbon, il fallait soutenir le toit pour éviter qu’il s’écroule et protéger les ouvriers en train d’extraire le charbon, puis de faciliter l’évacuation du charbon par des convoyeurs, mais une fois le charbon enlevé, on avançait de deux mètres, c’était, par travée de deux mètres qu’était enlever le charbon.
Il y avait la travée en train d’extraire, la travée pour le convoyeur, et la travée de passage ensuite c’était le foudroyage.
Quand on avançait de deux mètres dans le charbon, ça laissait libre, les deux mètres derrières.
Il fallait pour que ça puisse s’écrouler que l’on enlève le soutènement, c’était le foudroyage.
Il fallait que ce fameux foudroyage vienne, si non, la taille devenait dangereuse.
Et régulièrement des ouvriers de métier enlevaient le soutènement, et tout s’écroulait.
Dans cette taille, on avait enlevé le soutènement et rien ne s’étaient écrouler sur une dizaine de mètre, c’était la limite, il y avait une pression énorme.
Il arrivait parfois que l’on arrête la taille, si le foudroyage, n’était pas venu, et l’on perçait des trous de mines, pour le faire écrouler.
J’avançais très péniblement a plat ventre, me retournant de temps en temps, le géomètre me fit signe d’accrocher ma ficelle au toit et de l’éclairer, j’avais parcouru une centaine de mètres il allait regarder dans sa lunette et relever les données.
C’est à ce moment que tout devient bruyant, les étançons autour de moi glissaient un a un, clig, clig, clig, clig, et ont entendait des coups de tonnerre comme pris dans un formidable orage, je me sentais soulever, la poussière envahissait tout l’entourage.
C’était impressionnant, je me suis souvenu d’un seul coup a ce qui mettait arriver quand j’étais porteur de bois, mais la, en dix fois plus grand.
Le bruit était infernal, mais il prévenait qu’il ne fallait pas rester-la.
Abandonnant le secteur, je me suis mis à ramper à toute vitesse, si j’avais mis une demi-heure à atteindre cet endroit, j’ai mis 5 minutes pour atteindre la partie haute de la taille.
Je n’en pouvais plus, je ne savais pas comment j’avais fait pour aller si vite et surtout de ne pas rester accrocher, de toute façon a la moindre résistance j’aurais tout arraché.
Le géomètre avait entendu le bruit, il était bien content de me voir, il me dit, le foudroyage est entrain de venir, nous allons remettre à un autre jour cette opération, on va laisser la taille se mettre en place, et on reviendra.
C’était la bonne parole, j’en avais encore les jambes qui tremblaient.
A suivre mes 18 ans.
(1) Le théodolite était un instrument de mesure qui remplaçait la boussole.
(2) Petite précision, au sujet des instruments en cuivre qui entouraient le géomètre, si au début il était obligé de faire attention au a tout ce qui l’entourait, car il travaillait à la boussole, par la suite avec le théodolite en plus moderne, cette précaution, n’était plus utile, mais il gardait sont attachement a ce qui le différenciait, avec cette fameuse lampe tout en cuivre, dont il gardait jalousement ce privilège.

21:27 Publié dans la mine | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Je possède le livre d'André Still "Le Foudroyage". Des peurs les travailleurs en ont eu et en ont leur sou.

Écrit par : Biche | 13/04/2007

Là, tu l'as échappé belle, et je vois bien la scène. Tu as préféré faire marche arrière plutôt que ramper vers l'autre galerie en bout de taille ? Le bruit des étançons qui glissent ressemble à un coup de fusil pour celui qui l'entend pour la première fois. Et quand un glisse, la charge se porte sur le suivant qui glisse à son tour. Ca faiche vraiment la trouille.

A Gardanne, c'était le même dispositif, avec une veine de lignite de 2 mètres de haut. Du calcaire en toit et en pied, et un banc de roche de 30 cm d'épaisseur au milieu de la veine. Beaucoup plus de place, un souttenement marchant avec 3 rangées d'étançons et le même foudroyage ensuite. Une haveuse tambour garnis de pic tirée par une chaînes faisait l'aller retour. Le tapis déversait directement dans des wagons. Mais le danger, c'était le coup de toit"

Écrit par : christian | 13/04/2007

Je reprends, le commentaire s'est imprimé sans être fini.
De temps en temps, tous les ans, le foudroyage du toit calcaire finissait par libérer des forces emprisonnées dans le reste du calcaire non foudroyé. Un peu comme un tremblement de terre ! L'ensemble du toit se déplaçait alors latéralement. Pour les petits coups de toit, il y avait que quelques étançons de perdus, mais pour les plus importants, tous les étançons se couchaient d'un coup. Alors, des gars restaient prisonniers de ce mikado, avec des morts et des blessés. Rien qu'entre 63 et 68, il y eut 8 coups de toit à Gardanne dans les différents puits.

Par contre, pas de grisou dans la lignite. C'est je crois, la seule mine en France dans ce cas.
Amitiés

Le grillon qui te lit toujours avec beaucoup de plaisir

Écrit par : christian | 13/04/2007

Tous ces dangers affrontés et que nous en surface, loin de votre réalité, on ne soupçonnait même pas,
en dehors des coups de grisous, on savait peu de choses , et toi, tu nous révèles ce quotidien si dur, si terrifiant, et tu le racontes avec humilité en banalisant les pires peurs, et en relativisant: demain , on recommence,
Merci de ton enseignement, Marcel, Framboisine

Écrit par : La Poule au Pau | 14/04/2007

Les commentaires sont fermés.

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique