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03/04/2007

ma première journée au fond

J’ai eu dans ma vie, 3 fois peur, mais peur, pas de celle que l’on sursaute, non une vraie peur.
Et cette peur je l’ai eu au fond.
………………………………………………………………………………………………….
ma première journée au fond

La cage venait d’arriver, et le porion de service commençait à compter, ça va j’étais dans la même cage que mon vieux,
On était très serrer, la prochaine fois je ne laisserais pas mes mains dans les poches, en effets une fois dans la cage il est impossible de bouger, on est tellement serrer ! et c’est toujours a ce moment que tu as le nez qui te gratte et tu peux pas l’atteindre.
La cage fait un pas plus haut, pour laisser monter les 25 autres ouvriers, dans le deuxième étage.
On referme les portes, et voilà que la cage descend, d’un seul coup et tu as l’impression que ton cœur reste a l’étage que tu viens de quitter.
Et tout défile, ça ralentit, pour arriver à moins 480 mètres, nous arrivons à ce que l'on appelle l’accrochage, tout est clair, moi qui croyais voir le noir, il y a des néons et la galerie est très grande, les murs sont tout blanc, pour l’instant ma lampe ne sert à rien.
Dés la porte de la cage ouverte, les ouvriers sortent, on se desserre, je surveille mon Joseph, qui lui n’a pas l’air de se soucier de moi, il avance, je le suis, de temps en temps il parle avec un autre ouvrier.
Plus on avance plus les ouvriers se séparent et vont dans des directions différentes, il faut que j’allume ma lampe il fait noir, elle n'éclaire pas beaucoup, à peine a un mètre cinquante.
Je me retrouve maintenant à suivre de près, mon Joseph.
Je sentais le fort courant d’air qui venait du trou par lequel j’étais descendu, c’était le puits d’arriver d’air.
Les galeries que nous empruntons sont plus petites et parfois il faut se baisser pour ne pas se cogner la tête sur les bois de soutènement.
On passe des portes, que je ne pourrais ouvrir seul, il faut mettre le pied sur le mur est tirer de toutes ses forces pour la décoller, c’est des portes pour empêcher l’air de prendre le plus court chemin celui d’aller de suite vers le puits de retour d’air, plutôt que d’aller aérer les autres galeries.
J’essaye de me repérer, de regarder ou l’on passe.
On arrive à une intersection de galerie, mon Joseph a un temps d’arrêt, puis il continue dans une galerie, un peu plus petite il faut marcher courbé.
Joseph me parle, il me dit en petite phrase, une sorte de petit nègre, ses quelques mots.
« Toi rester ici, toi attendre moi, toi pas bouger de la, d’accord ? »
Et il s’en va, je le vois disparaître avec sa lampe qui balance accrocher à la ceinture, me voilà seul.
Ma lampe éclaire à peine a 1 mètre cinquante, je m’assoie à même le sol, mes yeux commencent à s’habituer à la pénombre, je n’ose m’aventurer plus loin,
Des craquements se font entendre, ça craque toujours au fond, des fois des cailloux tombes du toit, quand je bouge ma lampe je crois voir des hombres.
Je n’ai pas de montre, je ne sais pas quelle heure il est, j’attends.
De temps en temps je crois apercevoir quelques choses qui bouge, moi je ne bouge pas, et je voie des petites souris, qui courent dans tous les sens, on me l’avait dit qu’il y avait des souris et elles ne me font pas peur, bien au contraire, ont m’avait expliqué que les souris si elles sont la, c’est bon signe, l’air est respirable, il n’y a pas de gaz, si non elles étaient partit déjà depuis longtemps, j’essaye de me rassurer.
Le temps passe, je ne sais pas combien, toujours ses craquements qui sont sinistres, je ne bouge plus ma lampe elle est poser à même le sol, si je la bouge, je vois des ombres.
Combien de temps il est partit, qu’est ce qu’il est partit faire ?
Et s’il m’avait oublié ?
Les minutes deviennent des heures, et le temps passe, et je me questionne, et je me rassure, de toute façon au jour ils verront bien que ma lampe ne soit pas la et que mon jeton est encore accrocher, ils viendront à ma recherche.
Et si Joseph avait un malaise, et que lui personne ne pourrait l’aider, plus ça avance plus je sens la panique me prendre, et je me parle.
Marcel il faut que tu prennes une décision, je pense que ça fait plusieurs heures qu’il est partit, je sens la sueur sur mon front, puis aussi dans le dos, vais-je retrouver ma route.
Encore un moment à scruter le noir de la galerie, et d’espérer voir sa lampe, mais rien.
Je pars, il faut faire quelques chose, la c’est sur il ma abandonner.
Je suis le chemin que je crois reconnaître, et je pense, faut que je parte face au vent la ou vient l’air, comme cela je retrouverais le puits d’arriver d’air, me voilà partit.
De temps en temps je m’arête, et crois reconnaître les endroits ou nous avons passé.
Au loin une lampe, mais pas celle de Joseph, non la c’est une lampe comme seul les porions ont, une lampe a barrette, ça me rassure ; en arrivant sur moi, le porion me dévisage de haut en bas avec sa lampe, et la, il me dit, « que fais tu la ? Et ton vieux? »
Je lui explique, il est partit ça fait plusieurs heures et il n’est toujours pas revenu !
« Comment ça plusieurs heures, ça fait à peine une heure que le poste à commencer, il est partit chercher ses outils, tu va repartir à l’endroit ou il t'a dit de l’attendre, et tu attends ».
Je me retourne, et je reçois le magistral coup de pied au cul, qui me fait faire un bon en avant, je ne traîne pas car les jurons qui suivent ne sont pas plus rassurant, le porion visiblement n’en revient pas de me voir-la.
Je retourne à l’endroit ou Joseph m’avait laissé, et de loin je vois une lampe, c’est la sienne
« Pourquoi toi parti, moi dit attendre ». il n’était pas en colère comme le porion et visiblement lui avait eu aussi peur que moi, je pense.
Je ne réponds pas c’est inutile mais de toute façon, la joie que j’avais en moi de le revoir me comblait, même le deuxième coup de pied ne m'a pas fait mal, et ses paroles en polonais n’avait rien de méchant.
Il avait ses outils, sa hache, sa scie, son pic ,et la pelle qu’il me donna à porter.
Avant d’arriver au poste de travail, la ou il fallait réparer le bois de soutènement cassé, on avait encore du chemin à faire.
Cette aventure, je ne l’ai jamais raconté à personne, et ma mère n’a jamais su
Je n’avais que 15 ans !
A suivre …………….

13:28 Publié dans la mine | Lien permanent | Commentaires (10)

02/04/2007

Demain tu descends !


On s’y attend, mais quand on l’apprend ça fait un choc.
J’étais de l’après midi, (de 14 h a 22 h) le surveillent me dit, tu vas aller chercher au magasin ta barrette (casque de mineur ) car demain, tu es du matin,(6 h a 14 h ) tu te présenteras à la lampisterie chercher ta lampe.
Tu te présentera à la lampisterie pour 6 h 00, il faut que tu y va avant pour être prêt à descendre.
Je suis aller au magasin, rien n’est donné gratuit a la mine, la barrette me sera retenue sur ma paye.
Le poste de cette après midi, au triage, n’en finissait plus, je pensais à cette journée et comment allait-elle se dérouler, j’avais hâte de l’annoncer à ma mère, et je savais que ma nuit n’allait pas être longue, il fallait que je me lève à 5 h 00.
Il était 22 h 00,tout s’arrêta, comme d’habitude, je savais que je n’avais pas beaucoup de temps à perdre, et me précipita au lavabo me laver, regagner la maison, ma mère comme a son habitude était la, à m’attendre.
A peine arriver, je lui annonce la nouvelle.
Maman, demain je suis du matin et je descends, le silence pour ne pas me montrer son inquiétude, envahie quelque peu la maison, il n’y a pas eu d’autre parole.
Le sommeil a eu quelque difficulté à être trouver, et je pensais surtout comment ça aller se présenter, inutile de dire à ma mère a quelle heure il fallait me réveiller, elle avait tellement l’habitude, avec mes autres frères, qui, bien avant moi avait eu ce moment à passer.
Une main se posa sur mon épaule, c’était celle de ma mère, il était 5 heures.
Me voilà debout, la cuisine ou l’on prenait le petit déjeuner, était chaude, le feu avait déjà répandu sa chaleur, le café fumant dans le bol et les tartines sur le coté.
Ce n’était pas la peine de dire a ma mère ce dont j’avais besoin, mon briquet ( casse croûte ) était prêt dans sa mallette, quatre tartines beurrées dont deux de confitures, et un fruit, une orange, le bidon d’eau et de café.
Sur la chaise, mes bleus dans sa serviette nouée au quatre coin
Par la suite, je me suis souvent demandé comment faisait ma mère pour être toujours debout.
L’entrée de la fosse n’était pas loin, passage au lavabo, pour revêtir ma tenue, et me voilà arriver à la lampisterie,
On m’avait donné un jeton, mon numéro était imprimer, 257,avec toutes les recommandations et l’importance de ce jeton.
C’était un rond de métal, avec un trou pour d’une part l’accrocher à la place de la lampe, et pour pas le perdre l’accrocher sur soi par un petit lacet,quand on avait rendu la lampe .
Si, il y avait un jeton de rester accrocher à la place de la lampe, c’est que l’on était au fond, en cas d’accident on savait celui qui était rester à fond d’un rapide coup d’œil.
Numéro 257, que je demandais, on me donna ma lampe je donnais le jeton, une lampe électrique que l’on accrochait à la ceinture, on n'avait pas encore de lampe à mettre à la barrette.
Je me présentais au porion, grande salle, avec des barrières, sorte de couloir, a chaque bout il y avait un pupitre, et un porion qui d’une part pointait son personnel, et donnait les directives.
Il fallait attendre, que le porion appelle celui dont il avait besoin.
J’attendais.
Vient ichi ti (vient ici toi ) que me dicta un porion, je m’avançais vers lui, me demanda mon numéro, l’inscrivit sur le registre, et me dit en bon patois.
Té va aller avec ech’vieux Joseph,
Joseph était un ancien mineur polonais en fin de carrière, il avait pris les consignes auprès du porion, c’était un « racommodeux »
Le raccommodeur, avait pour mission d’aller entretenir et réparer les bois de soutènement cassé, dans les galeries qu’il fallait maintenir en état, pour la circulation de l’air.
Souvent ses galeries étaient fort retirer, il fallait marcher longtemps pour arriver à cette endroit.
Je suivais, comme un petit chien, mon vieux, qui ne m’avait toujours pas adresser la parole, mais dont j’avais incrusté sa physionomie.
Avant de descendre, il y avait un contrôleur de lampe, celui ci regardait ma lampe, si elle était bien verrouiller, il fallait la faire tourner d’un quart de tour pour l’allumer, j’avais remarqué que tous les mineurs accrochait leur lampe a la ceinture.
J’en fit autant, hélas ma ceinture était en élastique et le poids de la lampe, la faisait descendre jusque par terre, demain il va falloir que je me procure une ceinture en cuir.
Ont attendait la cage, un porion comptait les hommes, qui entrait dans la cage a deux étages, 25 par étages, je regardais, j’observais tout ce que les autres faisaient, et surtout de ne pas perdre mon vieux qui lui, n’avait pas l’air de se soucier de moi et je me demandais s’il savait que j’étais avec lui.
Pourvu que je monte dans la cage, en même temps que lui ?
.
.A suivre, pour ma première journée au fond et…. la peur de ma vie.

medium_pointage.JPG

salle du pointage , la ou le porion pointe son personnel

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31/03/2007

mon séjour au triage

Mon séjour au triage

Je suis rester comme cela, 6 mois au triage, j’avais mes 14 ans et demi, gringalet pas très costaud et petit a petit je devenais l’ancien, puisqu’il y avait un roulement, et les plus anciens descendait au fond et laissait la place a de nouveau arrivant.
C’était à mon tour de leur faire passer la visite, avec l’aide, bien sur, des autres.
Le roulement au tapis, changeait, le surveillant savait faire changer de place, il y avait la grosse (tapis roulant métallique sur lequel arrivait le charbon)cette grosse toile véhiculait les plus grosses gaillettes, on ne pouvait les soulever, il fallait les pousser, le tapis se partageait en deux et les gaillettes étaient ainsi trier.
La grosse toile c’était du repos, il n’y avait pas beaucoup de grosse gaillette qui y sortait, et bien souvent on était seul a ce poste.
De voir ce charbon, ça tentait d’en ramener à la maison, la qualité de celui que l’on recevait était tellement médiocre que pour l’allumé ont aurait bien besoin de ses grosses gaillette.
Mais c’était strictement interdit, il y avait des fouilles des gardes des mines qui surveillait la sortie des mineurs, et si on se faisait prendre avec des gaillettes dans sa musette c’était des amendes que l’on trouvait en retenu sur sa fiche de paye.
J’avais ramené ma première paye a la maison est tout donner à ma mère, j’avais pu obtenir mon premier dimanche (mon argent de poche), j’allais pouvoir m’acheter mes cigarettes, aller au cinéma.
Cependant, un tournant dans ma vie allait changer, j’ai fait connaissance par mon cousin Michel, d’un mouvement de jeunes, La J.O.C.(jeunesse, ouvrière chrétienne.)
Je n’avais plus été à la messe depuis ma communion, mais j’ai connu d’autres jeunes de mon age et la réflexion que l’on avait à ce mouvement me plaisait.
Il y avait un abbé qu'ont appelait, père Francis, très exigeant, qui savait nous faire découvrir, la valeur humaine et le respect de la personne.
On allait faire de moi, quelqu’un ; et j’en ai pris conscience.
On ma nommer trésorier, c’était pour moi une responsabilité énorme, je n’avais jamais été à la poste, poster un mandat, j’étais responsable des journaux, et j’ai du me surpasser.
Et petit a petit, les responsabilités je n’avais plus peur de les prendre, je suis devenu responsable départemental, et je puis dire à l’heure actuelle que tout ce que j’ai appris par ce mouvement de jeunes ma servi pour ma carrière professionnelle.
La mine savait préparer ses mineurs, il y avait un centre d’apprentissage a Fouquières les Lens près de la fosse 23, véritable mine image, ont avait reconstitué des galeries en béton, et tout y était rassemblé pour apprendre ce métier.
Ont y allait régulièrement, ont restaient 15 jours apprendre le B a BA du métier, apprendre à boiser, la sécurité était importante, il y avait tellement de blesser au fond que le geste à ne pas faire nous était appris.
C’est la qu'ont allait nous montrer ce qu’était un coup de grisous et un coup de poussière.
J’allais plus tard obtenir le C.A.P mineur, est oui ça existe.
J’aimais y aller, c’était pour nous des vacances loin du bruit du triage et de la poussière, en plus j’apprenais, pas seulement le métier, mais tout ce qu’il y avait autour du métier de mineur, il y avait de bon prof, des anciens mineurs devenus enseignant soit par blessure soit par maladie qu'ont appelait improductif, il y avait aussi de vrai prof de Français et de calcul.
Mes 15 ans approchait et l’échéance de mon passage au triage allait approcher, j’allais et sentait venir que bientôt on allait me dire……. Demain tu descends….

08:17 Publié dans la mine | Lien permanent | Commentaires (7)

30/03/2007

Ma première journée de travail

Ma mère m’avait acheté mes habits de fosses, des toiles bleues, j’allais mettre pour la première fois des pantalons longs.
La veille j’avais été au bureau de la fosse me présenter.
On ma donner un numéro N° 257, j’allais avoir ce numéro longtemps, et on ma dit de me présenter au triage, du poste de l’après midi.
Mes frères me donnaient des recommandations , et me racontait, tu feras ceci, tu feras attention a cela etc. .
Et on m’a dit, tu verras les « marie gaillettes » (c’était des filles ) vont te passer la visite, c’est comme cela, des qu’un nouveau arrive c’est le baptême, surtout les garçons, ils vont te déshabiller, t’enlever ton pantalon te mettre le zizi plein de graisse et te mettrons de la poussière de charbons, que t’auras du mal à enlever faudra que tu frotte, c’est comme cela on y a tous passés, y a pas de raison.c’est le baptême du trieur.
Bon ! S’il fallait, et que les autres y avaient passés ? .
A midi, après le repas, mon baluchon était prêt, le baluchon était une serviette dans lequel on y mettait ses habits de fosse, ses chaussures, son gant de toilette son savon, et son linge de corps, car tous les habits devait être changer, ont reliait les quatre coins, par un nœud c’était le baluchon.
Ma musette, il y avait dedans mon casse croûte, 4 tartines beurrées dont deux de confitures, enveloppées dans une petite mallette, et mon « boutleau »bidon de un litre, en alu, avec comme boisson de l’eau et du café.
Me voilà parti, ma mère m’embrassa, c’était son dernier qui partait, je n’osais pas la regarder, je savais que dans son regard il y avait à la fois de la joie et de la tristesse, et il y avait dans ses yeux des larmes qu’elle aurait pu me communiquer.
En passant prés du concierge, la ou mon père a fini sa carrière, je venais le voir de temps en temps et j’entendais sa toux bien reconnaissable, j’ai eu comme un frisson.
J’ai retrouvé d’anciens copains d’école, ils mon pris en charge, m’ont expliqué tout ce que je devais faire, avoir une chaîne au lavabo, les habits de fosses étaient pendu par des chaînes.
Ils m’ont présenté au chef surveillant, il mon inscrit sur le registre, numéro 257…. fallait que je vienne me présenter tous les débuts de poste.
Ensuite on m'a conduit au tapis roulant, on ma expliquer, comment reconnaître une gaillette( morceau de charbon ) d’un caillou, des fois tu verras un caillou qui ressemblera à une gaillette, si tu n'es pas sur, tu le mets en cailloux, ça va au terril.
Les tapis roulant étaient en fer.
La machine infernale se mettait en route, de plus en plus de chose se mettait en route, et le bruit ne faisait qu’augmenter, je n’entendais plus mon copain parler, on ne pouvait plus parler.
Ça défilait devant moi, les cailloux, gaillettes, j’avais le vertige.
Le surveillant vient me chercher, et m'ont fait visiter tout le triage en m’expliquant d’où ça venait et ou ça partait,
je scrutais les alentours a la recherche de ses fameuses « marie gaillette »je me demandais quand ça allait être mon tour …
A la pause ( le briquet) tout s’arrêtât, je crois que j’étais sourd, j’avais les oreilles gonfler de tout ce bruit, on me parlait et je n'entendais rien.
Personne ne se lavait les mains, elles étaient tout noir, les tartines étaient enveloppées dans cette petite mallette, en ayant bien soin de ne pas toucher le pain avec nos mains noires, J ‘ai mangé mes 4 tartines j’avais la gorge sèches de toutes ses poussières.
Je n’avais pas encore vu les filles, mais ou étaient-elles, je m’attendais à les voir surgir et me sauter dessus ?
Je demandais, bien timidement a mon voisin, mais il n'y a pas de fille ici?
Ha non pas ici, ici dans ce triage il y a que des garçons, je l’aurais embrassé, je n’aurais pas cette visite et cette humiliation, ouf ! Content.
Mais j’allais apprendre par la suite que le même sort m’était réservé, et que c’est les garçons qui m’ont fait cette visite.
J’ai du frotter, pour enlever cette marque, et je n’ai pas réussi à tout avoir du premier coup j’ai du revenir à la maison comme cela, le tout est partit après plusieurs lavages.
Petit a petit mes oreilles commençaient à s’habituer au bruit, je voyais mes copains trier à une vitesse, je n’arrivais pas à les suivre, on ma dispenser d’être la premier du tapis roulant pour cette journée, mais demain on m'a dit faudra pas rigoler.
Je n’avais pas de montre et le temps me paraissaient long.
Le tapis roulant commençait à être moins charger, c’était la fin de poste qui arrivait, mon bidon d’eau et de café était vide depuis longtemps, et j’avais hâte de trouver un point d’eau.
Le bruit s’arrêtât, tout le monde pris la musette, et on se dirigea vers le lavabo.
Il y avait une glace à l’entrée, tout le monde se regardait en passant, moi je ne mettais jamais vu aussi noir, je suis rester un moment à m’admirer, j’étais fier, j’aurais bien voulu que ma mère me voie, j’avais pas envie de me laver, j’avais comme une satisfaction en moi, j’étais presque un homme, j’ai fumé ma première cigarette.
En rentrant chez moi ma mère m’attendait, ma mère je ne l’ai jamais vu coucher ou dormir, quand ont était du matin, elle était lever, le feu était allumer le café fait, et le soir quand on était de l’après midi elle nous attendait pour nous servir le repas du soir, nous étions 7 à avoir des horaires différents et toujours maman était lever.
Ce soir la, je me suis endormie très vite, avec encore ce bruit infernal dans les oreilles.
A suivre

17:55 Publié dans la mine | Lien permanent | Commentaires (6)

29/03/2007

La hiérarchie

Pour mieux s’y retrouver dans mes notes, voici un lexique pour mieux comprendre certains mots employés


La hiérarchie dans les mines
Directeur de siège
L’ingénieur
Le chef porions : ( chef d’atelier )
Le porion : ( contremaître )
Le géomètre, charger de tenir et de relever l’avancement des travaux du fond, de l’exploitation du charbon et de le reporter sur les plans
Le chef de carreau, (contremaître au jour )
Le surveillant
Le chef de poste
Le chef de taille
L’ouvrier
Le délégué mineur

Contrairement aux usines, il y a qu’un délégué pour tout le siège, il est considéré plutôt comme le délégué a la sécurité, il est à temps plein, il a un suppléant mais celui ci n'a pas d’heure sauf en cas de remplacement.
Le boutefeu : responsable des explosifs, c’est lui qui est charger de faire exploser les tirs dans les galeries

Parmi les ouvriers il y avait bien sur, l’abatteur, celui qui extrayait le charbon, il devait assurer sa sécurité, et celle des autres.
Boiser, opération qui consistait à mettre des bois de soutènement, pour maintenir le toit après avoir enlever le charbon.
Le chef de taille, lui donnait les marques de son chantier, et a la fin du poste, venait relever ce qu’il avait enlevé, noter les bois de soutènement, les différents travaux qu’il avait effectué, toute opération était rémunérer, pose de bois supplémentaire, propreté, dureté du charbon, mauvais terrain etc., étaient relever par le chef de taille.
Par contre, le non-respect a sa sécurité et a celle des autres, entraînais une amende.
Le galibot, c’était soit le porteur de bois, le gardien du moteur du tapis roulant, le porteur de feu.
Il y avait plusieurs type de galibot, c’était en quelque sorte le valet, le serviteur.
Il y avait le galibot de porion, le galibot de géomètre, c’était un fameux apprentissage a la vie du mineur.
Le raccommodeur, en principe ce poste était réservé à du personnel âgé, et en fin de carrière, c’est lui qui allait remplacer les bois de soutènement cassé, bien souvent aux galeries qu’il fallait tenir en état pour la circulation de l’air, un personnage très compétant par son ancienneté.
Le hercheur : le charbon après avoir été enlevé était transporter par tapis roulant en toile.vers une trémie, au pied de cette trémie le hercheur remplissait les berlines.
Le conducteur de cheval : « meneux d’bidet »
Je ne parlerais pas des métiers du jour.

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28/03/2007

l'embauche

Tout d’abord, il faut faire connaissance.

Je suis d’une famille nombreuse, j’étais le dernier d’une famille de 7 garçons, tous mineurs mais pas tous mineur de fond, la mine offrait beaucoup de poste autre que celui d’être au fond à extraire le charbon.
Mon père, était mineur aussi, est très malade, silicosé, et des séquelles de la guerre 14- 18, passé dans les tranché, blesser 3 fois au front, je n’ai connu qu’un père malade et gardé en moi le souvenir d’un homme fortement marqué ? Qui se traînait pour aller travailler ?
En 1950, je venais d’avoir mon certificat d’étude primaire, c’était important le CEP, je l’avais eu et ma mère m'a fait savoir que, maintenant fallait penser à la vie active.
Je ne voulais pas aller à la mine, j’avais des exemples ,mon père et mes frères, que cette profession n’était pas faite pour moi et que je pouvais trouver autre chose.
Mon père je l’avais vu mourir dans d’atroce souffrance à vouloir trouver un peu d’air pour sa respiration, la silicose avait rongé sa santé, ses poumons étaient devenus du béton.
Un jour je me suis lever à 5 h du matin pour prendre le bus avec les filles qui allait travailler à la lainière de Roubaix, j’ai passé une journée à attendre, a passé des entrevues et je sentais bien que je ne puisse avoir un travail dans cette profession.
Ma carrure de garçon, chétif, je n’étais pas gros, je n’avais que 14 ans.
Il fallait me résigner, ma mère m'a conduit à la fosse 13 de Sallaumines, j’ai rencontré le directeur de siége, qui connaissait mon père, et ses antécédents, il y avait un peu de reconnaissance envers les anciens mineurs qui avaient laissé une partit de leur santé.
Et c’est avec satisfaction que ma mère en sortant du bureau du directeur, pouvais dire, tu seras mineur comme toute la famille.
Il y avait la comme une satisfaction, la mine offrait du travail, et tout ce qui va avec, le logement, le chauffage, le docteur, enfin tout ce que la mine avait mis en place pour que la main d’œuvre ne s’en aille pas.
J’ai passé la visite médicale, le docteur a fait remarquer à ma mère que je n’étais pas gros, il a appelé ma mère pour me montrer nu, et dans quel état j’étais, j’étais un peu honteux de me présenter nu devant ma mère,
Je me souviens que ma mère a dit, mais pourquoi tu mets tes mains devant ton zizi, ?
Les privations de la guerre en étaient pour quelque chose, je suis né en 1936, et la période de la guerre 1939-1945 avait laissé des traces de manques, a ma croissance.
Enfin, j’étais embauché, j’allais pouvoir travailler, j’allais être un homme, et j’allais contribuer à la vie de la maison……………
A suivre

18:20 Publié dans la mine | Lien permanent | Commentaires (4)

l'auteur des récits

medium_moi.JPG

Je me présente Marcel a droite, a gauche mon frère René, j’allais avoir 14 ans.
Mon certificat d’étude primaire en poche, j’allais bientôt connaître la vie active et continuer à vous raconter mes premiers pas dans cette vie de mineur.

14:24 Publié dans la mine | Lien permanent | Commentaires (1)

27/03/2007

les coulonneux (suite )

Les coulonneux.

Je sais que pour certain les souvenirs vont bon train, et surtout ceux qui ont vécu avec un coulonneux , n’est ce pas maria ?
Que de dimanche passer seule à attendre avec les enfants, des fois les pigeons n’étaient pas lâcher de bonne heure souvent le temps le permettais pas, alors le dimanche se passait la, à attendre.
J’ai vu ma mère aller porter à manger à mon père dans le pigeonnier, il attendait patiemment que ses pigeons rentrent et il ne voulait pas les louper.
Il y avait aussi le dépouillement des constateurs, au bistro, et la aussi, des fois l’attente se prolongeais, pour l’épouse le dimanche se passait comme cela à attendre.
Que de souvenir oui, mais aussi quelle passion.
Les pigeons surtout ceux la, que l’on appelle pigeon voyageur, ont un instinct incroyable, d’après les scientifiques ils auraient un minuscule radar au cerveau qui leurs permettaient de se diriger et de retrouver leur pigeonnier.
Merveilleuse créature, il faut les voir sortir du panier, faire un ou deux tours et se diriger vers l’endroit qu’ils ont repéré et retrouver leurs habitations.
La Belgique est renommer pour cette pratique, nous ici dans le pas de calais ont voit passer au-dessus de notre ciel des hordes de pigeons qui ont été lâcher en France et se dirige vers la Belgique.
Pendant la guerre 14/18 ont se servaient des pigeons, remarquable passeur, pour envoyer des messages au-dessus des lignes ennemies. Il faut lire l’histoire d’un pigeon qui a été décoré, pour avoir transmis un message qui annonçait une attaque imminente des troupes allemande.

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26/03/2007

les coulonneux

medium_coulonneux.JPG

Les coulonneux .

Il y avait une activité très intense dans les corons, surtout au moment des concours.
Je parle bien sur des pigeons, que nous appelions des coulons, terme bien de chez nous.
Il y avait le pigeonnier, construction ,soit au bout du jardin ou alors dans le grenier, avec ouverture sur le toit, la trappe avec des barres qui empêchaient le pigeon de sortir mais pas d’entrer, surtout en période de concours, le pigeonnier devait rester ouvert, mais surtout pas laisser les autres de sortir.
La fierté c’était la propreté, et chaque pigeon avait sa femelle qu’il allait garder jusqu’a sa mort, des petits casiers avec une assiette pour faire le nid ,qui allait recevoir les œufs.
Fallait être déclarer à la mairie, car les pigeons pouvaient être mobiliser, (pour ce qui savent le héros d’un pigeon de la guerre 14 –18.)
Ils avaient également leur nom, le maco, le bizet, tête blanche et bien d’autre nom.
Le pigeon avec son radar, il savait retrouver son pigeonnier même a de très grandes distances.
Le jour de la mise en loge, veille du concours, il y avait la sélection de celui que l’on allait mettre et qui auraient des chances d’être le premier à renter.
Il y avait plusieurs méthode pour mettre les pigeons en loges, c’est comme cela que l’on appelait la mise des pigeons au concours.
Au moment de la reproduction, on surveillait le pigeon qui roucoulait autour de sa femelle, et au moment ou il la montait, on l’enlevait et il allait au panier, en espérant qu’il allait rentrer de suite pour finir l’accouplement, c’était assez barbare ? .Il y avait bien sur d’autre méthode, la femelle qui couvait les œufs par exemple il y avait toujours un tour de rôle pour couver les œufs, soit que c’étais le male ou la femelle.
Les coulonneux avais des œufs factices, percer d’un minuscule trou, on y introduisait une mouche, on rebouchait le coté et on le plaçait parmi les autres œufs, la femelle entendais du bruit et se disais mes œufs vont bientôt éclore, va falloir que je rentre vite ? Etc.
Les méthodes sont multiples, et bien sur secrète. Je vous en site quelques-uns une, je savais que mon père le faisait.
Il y avait le constateur, instrument de précision, avec une horloge, une imprimante, et des petites cases pour recevoir la bague.
Ce constateur était plomber après la mise a l’heure, c’étais très sérieux, on allait mettre une bague en caoutchouc avec un numéro aux pigeons.
Et les pigeons partaient à des distances différentes, environ 100 km, et pour certains concours beaucoup plus loin.
Il était rare que le pigeon se perde.
Souvent le lâcher de pigeon était le dimanche, mon père écoutait à la radio les heures de lâcher et il savait qu’a telle heure les pigeons allaient se présenter.
Nous étions consigner dans la maison interdiction de jouer dehors, la ménagère était consignée aussi, et interdiction de pendre du linge dehors ou, toute autre chose qui aurait pu déranger le pigeon.
Dans le coron c’était d’un calme.
Jusqu’au moment ou les volatiles se montraient, alors la c’était l’animation du quartier, comme il y avait beaucoup de pigeonnier dans les corons, ont entendais les boites à grain que les coulonneux secouais, croyant que c’était le sien qui arrivait.
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Les pigeons arrivaient presque en même temps, mais c’était le plus rapide à rentrer, on lui enlevait la bague en caoutchouc, et on la plaçait dans un petit casier que l’on introduisait dans le constateur, ensuite on tournait la manivelle pour enregistrer cette bague.
Il y avait le dépouillement pour connaître le vainqueur et le classement, il y avait des mises qui rapportaient de l’argent, et aussi de beaux prix, c’est comme cela que mon père avait gagné un jour un carillon, je pense aussi qu’il a du gagner un cochon mais la je ne peux l’affirmer.
Il y avait de véritable champion, et les jeunes de champion devenaient aussi des champions, a aucun moment le coulonneux aurais échangé ses jeunes ou ses œufs.
Des fois il y avait du mauvais temps et le lâcher de pigeons étaient reporter au lundi, ça m’est arriver de faire la constatation quand mes frères étaient au travail.
A la mort de mon père mes frères ont continué à avoir le pigeonnier, mais pas très longtemps car le jeune avais aussi d’autres occupations.
Je ne vais pas tout dévoiler les combines qu’avaient les coulonneux, mais par exemple quand il s’échangeait des œufs, pour renouveler la race de pigeon,dans leur pigeonnier, il était rare que les œufs écloses, souvent ils avaient subit un petit traitement qui allait empêcher que la race aille chez un autre conquérant.
Par contre, par le mauvais résultat d’un pigeon, il finissait à la poêle.
Ont arrivait facilement à dresser un pigeon, il se posait sur notre épaule et venait manger le grain de maïs qu'ont tenait dans la bouche.
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mise de la bague avant le départ au concours

21:18 Publié dans la mine | Lien permanent | Commentaires (13)

25/03/2007

le cheval

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Le cheval

Peut être la partit la plus délicate que j’aurais a raconter,
Quand je suis descendu en 1950 , il n’y avais plus qu’un cheval la ou je suis descendu, ils ont été remplacés pas des locos diesel , et c’était un bien car leur vie au fond bien que c’était un animal n’avait rien d’humain.

On le remontait jamais , si il remontait c’est qu’il avais fini la carrière et c’était pour le conduire a l’abattoir.
Celui que j’ai connu , avait ses habitudes, connaissait ses hommes ,
On en racontait beaucoup sur les chevaux , mais ils étaient très intelligents .
Les mineurs le connaissait très bien et chacun avait a cœur de lui apporter des petites friandises .
Quand on arrivait et qu’il était en plein milieu de la galerie , nous avons de la lumière et lui pas, ses yeux étaient habitués a la pénombre,il se faisait reconnaître parce qu’il secouait tout son corps en disant attention je suis la , par contre si vous aviez l’habitude de lui donner une friandise ,carotte, tartine,il ne vous laissez pas passer ,il bloquais le passage avec son derrière ,en se faisant comprendre , quand tu m’aura donner ce que tu me donne d’habitude je te laisserais passer.
Ont dit aussi qu’il savait compter , on lui mettait des berlines a tirer , il entendais le cliquetis quand les berlines se tendais , et si on en avait mis trop il s’arrêtait, on était obliger d’en décrocher .
Quand je passait avec le géomètre , le géomètre lui parlait comme a un homme , et je me souvient qu’il lui disait ,…..
On va te remonter , tu va aller dans une grande prairie ,avec de l’herbe bien verte,ou il y aura une jument et tu va gambader avec elle etc.
Et le cheval comme s’il comprenait secouait tout son corps, d’un air de dire merci.
Le maréchal Ferrand , le connaissait et le soignais de toutes les éraflures qu’il avait sur son corps, car les galeries a certains endroits n’était pas large.
Quand il était l’heure , le meneurs de chevaux ‘’meneux d’bidets’’ le détachait et lui disait aller va et il partait a l’écurie a toute vitesse ,on avait pas intérêt a se trouver sur son passage , on l’entendait venir de loin , il allais a l’écurie , manger son avoine bien mérité.
L’écurie était a coter de l’accrochage la ou tout le monde passait pour soit ,remonter ou ,aller au chantier , et on ne pouvait que passer à proximité.
Je ne m’étendrais pas trop sur ce chapitre , mais ça méritais d’être dit et raconté , tellement ses bêtes étais attachantes , et ses avec beaucoup de respect pour leur condition de vie ,que l’on a préférer les remplacer pas du matériel plus moderne.

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